S'assurer en tant que jeune conducteur

Qu'est-ce qu'un conducteur novice et combien paye-t-il son assurance auto ?

Même si le prix de l’assurance auto peut paraître élevé aux jeunes conducteurs, ils doivent savoir que sans le système dit de « mutualisation », qui permet une répartition de l’effort de cotisation sur l’ensemble des assurés, c’est-à-dire que les plus chevronnés paient pour les moins aguerris, leurs primes atteindraient des sommets financièrement insupportables.

Pourquoi l'assurance auto d'un jeune conducteur est-elle si chère ?

Tout simplement parce que les conducteurs inexpérimentés font la course en tête et battent tous les records de sinistres, toutes catégories confondues : accidents graves, accrochages matériels, bris de glace, vol…

Les jeunes conducteurs, et plus exactement les conducteurs novices affichent une sinistralité en moyenne trois fois supérieure à celle des automobilistes expérimentés. Qu’il s’agisse de dommages matériels (vol, bris de glace, accident…) comme corporels.

« Le risque est maximal dans la première année suivant l’obtention du permis et tout particulièrement au cours des premiers 500 kilomètres parcourus avec leur véhicule, confirme Béatrice Najean-Lenormand. Durant cette période, nous enregistrons des pics d’accidentalité. Les novices, par définition peu expérimentés, sont par ailleurs animés par un sentiment de confiance et de surpuissance qui les surexpose aux dangers de la route. »

Les assureurs tiennent compte de ces données dans leurs tarifs, dans les limites imposées par le législateur. D’une façon générale, la surprime applicable les 3 premières années d’assurance ne peut pas excéder 100 % de la prime de référence la 1ère année. Ensuite, elle doit diminuer de 50 % chaque année sans sinistre responsable, avant de disparaître la 4e année. À noter toutefois l’existence d’une disposition spécifique qui bénéficie aux novices passés par l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC). Leur surprime est divisée par deux. Et n’est applicable que trois ans. De 50 % la première année, elle passe à 25 % la 2e année sans sinistre puis à 12,5 % la 3e année.

La sinistralité des jeunes conducteurs en chiffres
19 ans âge des automobilistes novices les plus exposés au risque d’accident
X 2 Le risque d’être impliqué dans un accident mortel est multiplié par 2 dans les trois premiers mois suivant l’obtention du permis et par 1,5 entre le 4e et le 6e mois
26,9 % des automobilistes non assurés, auteurs d’accidents, ont entre 18 et 25 ans (source : FGAO 2018)
Parmi les 18-24 ans impliqués dans un accident mortel, 24 % étaient alcoolisés et 20 % ont été contrôlés positif à au moins un stupéfiant
Source : Observatoire interministériel de la sécurité routière (ONISR ) – chiffres clés 2016

Comment les assureurs établissent-ils leurs tarifs automobiles ?

Selon les données chiffrées d’une étude Lelynx.fr/ L'Argus de l'assurance, la prime automobile moyenne d’un jeune conducteur s’établit à 986 euros par an contre 509 euros pour un conducteur expérimenté. « Soit un écart presque du simple au double qui s’explique par le fait que la plupart des assureurs appliquent la surprime maximale aux novices la première année suivant l’obtention du permis, commente Béatrice Najean-Lenormand.

Ensuite, comme pour tout contrat automobile les tarifs croisent des données telles que l’âge du conducteur, l’ancienneté du permis, la puissance du véhicule (la vitesse constituant un facteur majeur dans l’accidentologie des jeunes), la localisation, la présence d’un garage ou non et le niveau de garantie retenu : « tiers » ou « tous risques ». L’assureur calcule ensuite, selon ses propres grilles, un montant de surprime différent pour chaque assuré, voire dans certains cas, il n’applique aucune surprime. »

Un conducteur novice peut-il s’assurer sur le contrat d’un proche ?

Oui, la plupart des assureurs offrent la possibilité de s’assurer comme jeune conducteur sur le contrat de ses parents ou d’un proche (conjoint, concubin…). À condition de ne pas être effectivement le conducteur principal du véhicule, le novice sera assuré comme conducteur secondaire moyennant le paiement d’une surprime dont le montant reste malgré tout sans commune mesure avec le coût à prévoir comme assuré principal !

Second avantage de la formule, comme c’est le cas chez Allianz France, le jeune se constitue un bonus-malus au fur et à mesure des années. « Résultat, le jour où il voudra s’assurer comme conducteur principal sur sa voiture personnelle, il bénéficiera des antécédents* d’assurance accumulés en tant que conducteur secondaire déclaré et, à partir de la 4ème année pour un permis classique (la 3ème pour la conduite accompagnée), il ne sera plus considéré comme un novice, précise Béatrice Najean-Lenormand. Ainsi, après 3 ans sans accident, la 4ème année, il profitera d’un bonus de 15 % qui viendra minorer le montant de sa cotisation. A contrario attention : s’il cause un ou plusieurs sinistres l’assureur en tiendra aussi compte et cela impactera également le malus de ses parents ! » 

* Dès après une première année en tant que conducteur secondaire déclaré, un jeune qui souhaite s’assurer personnellement peut récupérer ses antécédents, par exemple démarrer avec 5 % de bonus et un an d’assurance.

Un jeune doit-il s’assurer plutôt au « tiers » ou « tous risques » ? 

Pour des raisons d’économies, dans leur grande majorité, les novices optent pour des garanties moins riches que celles plébiscitées par les conducteurs expérimentés. Cependant, ce n’est pas forcément un bon calcul. Ils doivent redoubler de vigilance ! « C’est là que le devoir de conseil de l’assureur intervient, notamment pour certains jeunes aux moyens financiers limités », remarque Béatrice Najean-Lenormand. S’ils achètent leur véhicule à crédit, s’assurer au « tiers » leur posera problème en cas de perte totale (vol, mise à la casse…). Car ils ne percevront aucune indemnisation mais devront malgré tout continuer à rembourser leur crédit jusqu’à l’échéance et racheter un nouveau véhicule. À l’opposé, au lieu de rogner sur les garanties pour réduire le coût de leur assurance, nous les invitons à souscrire un contrat « tous risques » voire un « Pack Valeur plus » chez Allianz France. Cette dernière option leur permettra de bénéficier d’une indemnisation supérieure à la valeur à dire d’expert. Et ainsi de compenser une partie de la décote de leur véhicule et de se rééquiper plus facilement.

Dans la même logique, nous déconseillons vivement aux novices de renoncer à la « garantie conducteur » qui les couvre pour les blessures qu’ils peuvent se causer à eux-mêmes sans tiers responsable ou en cas de responsabilité partagée. Cette garantie est d’ailleurs en inclusion dans le contrat auto Allianz et très fortement souscrite en contrat cyclo/moto. » Ils doivent également s’intéresser aux seuils d’intervention, aux montants plafonds garantis et au mode d’indemnisation (forfaitaire, indemnitaire, un mixte des deux…).

En raison de son coût, de nombreux jeunes sont tentés de rouler sans assurance auto. A quels risques s’exposent-ils ?

« Tout d’abord, il faut savoir que l’assurance automobile au « tiers » est obligatoire », rappelle Béatrice Najean-Lenormand. Celle-ci a pour vocation de prendre en charge l’indemnisation des victimes de l’auteur de l’accident en cas de dommages matériels et/ou corporels.

Par conséquent, ne pas s’assurer constitue un délit passible d’une amende forfaitaire de 750 euros, qui peut atteindre 3 750 euros en cas de récidive et être assortie de peines complémentaires (suspension ou annulation du permis, confiscation du véhicule…). Attention ! Depuis le 1er janvier 2019 un fichier des véhicules assurés permet aux forces de l’ordre d’identifier et de verbaliser automatiquement les non assurés. Selon le Fonds de garantie (FGAO) plus de 750 000 automobilistes circuleraient sans assurance en France.

Ensuite, le conducteur non assuré doit également être conscient qu’un accident responsable peut causer sa ruine ! Car le FGAO, après avoir indemnisé la ou les victimes, se retournera contre l’auteur des faits pour lui réclamer le paiement des sommes avancées jusqu’au dernier centime. Et, en l’absence d’assurance, les montants à débourser peuvent représenter des centaines de milliers voire des millions d’euros.

7 pistes pour réduire le coût de votre assurance automobile

1.   Passez par l’apprentissage anticipé de la conduite (AAC)

Cela reste encore le meilleur moyen de baisser la surprime jeune conducteur et le risque d’accident chez les novices. Certains assureurs d’ailleurs n’appliquent aucune surprime après l’obtention d’un permis via la conduite accompagnée.

2.   Faites jouer la concurrence

Faites tourner les comparateurs d'assurance auto, demandez des devis en direct à plusieurs assureurs et choisissez idéalement le meilleur rapport qualité/prix du marché. Car l’argument du prix le plus bas ne peut motiver à lui seul votre choix, sauf à accepter de faire l’impasse sur certaines garanties et accepter une indemnisation au rabais en cas de sinistre.

3.   Pensez aux assurances au kilomètre

Si comme de nombreux jeunes vous utilisez peu votre voiture dans l’année, tournez-vous vers les assurances « petit rouleur ». Avec des forfaits moins de 7 000 ou 9 000 kilomètres par an, ces assurances auto au kilomètre pour permettent d'économiser jusqu'à 15 % sur le montant de votre prime.

4.   Optez pour une assurance connectée

Une nouvelle génération de contrat auto, couplée à un smartphone ou à une boîte embarquée dans le véhicule, permet d’enregistrer le comportement de conduite des novices (freinage, vitesse, virage…). C'est ce qu'on appelle communément l'assurance auto connectée. À la clé un suivi pédagogique pour accompagner les jeunes automobilistes et des bonus pour bonne conduite pouvant abaisser votre prime jusqu’à - 30 %.

5.   Assurez-vous auprès de la compagnie de vos parents

La plupart des compagnies et mutuelles accordent une ristourne de l’ordre de 10 % et plus aux enfants de leurs clients.

6.   Commencez avec une voiture d’occasion peu puissante

La vitesse constituant un facteur de risque majeur pour les 18-24 ans, les assureurs freinent des quatre fers dès qu’il s’agit de garantir une grosse cylindrée. Certains refusent même tout simplement d’assurer les novices dans un tel cas comme en témoignent les nombreux messages déposés sur notre forum.

7.   Suivez un stage post-permis

Ce type de formation à la sécurité routière en forme de rappel après l’obtention du permis, encouragé depuis de longues années par certains assureurs vient d’être inscrit dans la loi. Depuis le 1er janvier 2019, les jeunes suivant une formation post-permis peuvent réduire la période probatoire de leur permis de 3 à 2 ans. Au passage ils bénéficient également d’un allègement de leur prime d’assurance.

Pour aller plus loin :

Assurances jeunes conducteurs : une route parsemée d’embûches